Montréal, 1er avril 2026 – Le bilan Gaspard 2025, rendu public par la Société de gestion BTLF, met en lumière un recul significatif des ventes de livres au Québec après plusieurs années de croissance. Si la baisse globale du marché peut sembler modérée, les données révèlent toutefois des impacts beaucoup plus marqués dans des segments névralgiques pour l’écosystème du livre québécois : les collectivités, l’édition jeunesse et l’édition québécoise.
En nombre de livres vendus, les ventes aux collectivités (écoles et bibliothèques) enregistrent une diminution de 9,6 %, tandis que l’édition jeunesse recule de 10 % et l’édition québécoise de 3,8 %. Ces chiffres ne sont pas anodins. Ils signifient qu’en 2025, un livre sur dix de moins s’est retrouvé entre les mains des jeunes, dans un contexte où les bénéfices de la lecture sur le développement, la réussite éducative, l’acquisition du langage, le développement d’habitudes culturelles et la formation de citoyens critiques sont largement documentés.
Ces données chiffrées viennent confirmer ce que bon nombre de librairies indépendantes constatent sur le terrain depuis plusieurs mois. Dans de nombreuses régions, les commandes institutionnelles ont diminué, majoritaire en ce qui concerne la clientèle scolaire. Croisés avec les observations faites dans les écoles, les résultats de Gaspard 2025 donnent une forme tangible à des inquiétudes déjà exprimées par l’ensemble du milieu du livre.
À cet égard, il est important de souligner qu’en janvier dernier, nous avons contacté le ministère de l’Éducation afin d’obtenir une rencontre pour clarifier la situation et mettre de l’avant des recommandations. Ces propositions visent à permettre à la lecture de jouer pleinement son rôle de levier déterminant pour les enfants, tout en assurant que le milieu culturel demeure en bonne posture économique. Nous attendons toujours cette rencontre.
Les librairies indépendantes jouent un rôle central dans la chaîne du livres. Présentes dans toutes les régions du Québec, elles sont des partenaires privilégiés des écoles et des bibliothèques, assurant un accès de privilégié aux œuvres d’ici et un accompagnement professionnel. Lorsque les ventes institutionnelles chutent, ce sont ces entreprises culturelles de proximité, entre autres, qui encaissent les contrecoups.
Pour l’Association des libraires du Québec, ces chiffres doivent servir de signal clair. Protéger et consolider les budgets d’acquisition en milieu scolaire et dans les bibliothèques publiques ne relève pas uniquement d’un enjeu sectoriel; il s’agit d’un investissement structurant dans la réussite éducative, la transmission de la culture et la souveraineté culturelle du Québec.
À la lumière des données de Gaspard 2025, une question s’impose : quelles mesures concrètes seront mises en place par les ministères de l’Éducation et de la Culture pour soutenir à la fois la réussite des jeunes et la pérennité de l’écosystème littéraire québécois, dont les librairies indépendantes sont des actrices essentielles ?
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